Livio CASELLA COLOMBEAU
Ancien membre de l'équipe DPB - cette page n'est plus maintenue
depuis le 1 août 2012
Stagiaire Master M2 (2012)
Encadrant: Jocelyn FONDERFLICK
Etablissement : Université Pierre et Marie-Curie
Projet Master M2: Tendances des populations oiseaux nicheurs rares vs. communs en France depuis 20 ans : quels résultats, pour quelles politiques publiques ?
Les connaissances scientifiques accumulées depuis plusieurs années ont montré l’importance de l’érosion actuelle de la biodiversité et de l’accélération de celle-ci. Cette érosion s’exprime à différentes échelles spatiales et prend différentes formes. La disparition d’une espèce en est l’aspect le plus médiatique mais cette érosion s’exprime le plus souvent par une réduction spatiale et/ou numérique des effectifs. Pour pouvoir renseigner de tels changements, les associations naturalistes et la communauté scientifique ont mis en place depuis plusieurs années des inventaires et des suivis sur différents groupes biologiques. Les oiseaux sont assurément le groupe pour lequel l’information biologique disponible est la plus importante. Les espèces rares (effectifs faibles et /ou très localisé) suscitent une attention toute particulière notamment en raison de leur plus forte vulnérabilité (Kattan 1992, Médail et Verlaque 1997, Lavergne et al. 2006). En France, le suivi des oiseaux nicheurs relativement rares et menacés montrent que sur les 64 espèces suivies depuis 1996, 74,5 % d’entre elles ont des effectifs stables ou en augmentation (Seynes et al. 2009). Ce résultat est peut-être lié aux actions de conservation entreprises depuis plusieurs années en France (réintroduction et renforcement de population, mises en place d’espaces protégés, plans de conservation, programmes Life…). Au-delà des espèces rares bien suivis globalement, nous disposons aussi pour les oiseaux communs en France, grace au programme STOC (Suivi Temporel des Oiseaux Communs ; Julliard et Jiguet 2002) des tendances au cours des deux dernières décennies pour 175 espèces. Si l’on observe pour ce dernier groupe une chute globale des effectifs de l’ordre de 10 %, les espèces généralistes connaissent une augmentation de leur abondance relative. On peut faire l'hypothèse que si les espèces rares sont plutôt en augmentation en raison des mesures de conservations prises pour elles, les espèces communes sont plutôt en régression en raison de politiques structurelles (agricole notamment) non favorable à la biodiversité en raison d’une altération des habitats. Toutefois, pour certaines espèces d’oiseaux nicheuses en Europe, des résultats récents montrent un lien fort entre les changements observés des effectifs de populations nicheuses et les prédictions de changement d’aire de distribution associées aux changements climatiques (Grégory et al. 2009). Les tendances observées pour les populations d’oiseaux nicheurs pour la France, que ce soit pour les espèces communes ou les espèces rares, ne sont pas seulement expliquées par une amélioration/altération des habitats. Il existe une part liée aussi aux changements climatiques.
Dans ce cadre, avoir une analyse globale des facteurs explicatifs des tendances observées au cours de ces dernières décennies pour l’ensemble de l’avifaune nicheuse française serait d’une grande importance en terme de conservation. L'idée du projet de recherche proposé serait d'étendre l'étude de Jiguet et al. (2007) à l'ensemble des espèces de l'avifaune française pour lesquelles les tendances sont connues, en tenant compte à la fois des traits biologiques des espèces, de leur distribution géographique en lien avec leur enveloppe climatiqueet des politiques de conservation mises en place.
Questions posées :
- Que savons-nous des tendances démographiques pour l’ensemble de l’avifaune nicheuse française au cours de ces deux dernières décennies ?
- Quelles sont les traits biologiques (distribution spatiale, effectifs, types d’habitats, poids/taille…) influençant ces tendances ?
- Le statut de conservation des espèces (espèces protégées, directive oiseaux, listes rouges) et les actions de conservation mises en place peuvent-ils être un facteur explicatif des tendances observées ?
Bibliographie sommaire :
De Seynes A. & les coordinateurs-espèce, 2009. Les oiseaux nicheurs rares et menacés en France en 2008. Ornithos, 16: 153-184.
Gregory R.D., Willis S.G., Jiguet F., Vorisek P., Klvanova A., van Strien A., Huntley B., Collingham Y.C., Couvet D. & Green. R.E., 2009.An Indicator of the Impact of Climatic Change on European Bird Populations. PLoS One, 4 : e4678.
Jiguet F., Gadot A.-S., Julliard R., Newson S. & Couvet D., 2007. Climat envelope, life history traits and the resilience of birds acing global change. Global Change Biology, 13 : 1672-1684.
Julliard R & Jiguet F. 2002. Un suivi intégré des populations d’oiseaux communs en France. Alauda, 70 : 137-147.
Equipe co-encadrante :
- Frédéric Jiguet : Muséum National d’Histoire Naturelle.
- Vincen Devictor : Institut des Sciences de l'Evolution, Université Montpellier II.
- Aurélien Besnard : E.P.H.E., Centre d'Ecologie Fonctionnelle et Evolutive.
- Bernard Deceuninck : Ligue pour la Protection des Oiseaux.




