Interactions Bioculturelles

Interactions Bioculturelles

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Les interactions bioculturelles entre les sociétés humaines et leurs milieux sont en constante recomposition face aux changements environnementaux. Notre équipe s’intéresse plus particulièrement à la diversité des stratégies adaptatives des sociétés à l’échelle locale. Une des spécificités de notre approche est de traiter humains et non-humains comme des acteurs interagissant à différentes échelles. Nos travaux portent sur les savoirs locaux, les pratiques, les représentations et les dynamiques socio-écologiques, selon une démarche diachronique soucieuse de tenir compte des contextes historiques. Nous nous intéressons non seulement aux dynamiques locales mais aussi aux interactions entre ces dynamiques et celles qui se produisent à des échelles spatiales, écologiques et socio-politiques plus vastes. L’équipe veille à intégrer divers niveaux d’interactions écologiques (de l’espèce aux communautés d’espèces, écosystèmes et paysages) et sociales (traitant du rôle des individus, communautés, états nations ou communautés planétaires). Les sociétés et biomes étudiés incluent tout autant les peuples de chasseurs cueilleurs que les sociétés agraires, pastorales et péri-urbaines au sein des régions intertropicales, tempérées et méditerranéennes.

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Mots-clés : adaptation, biodiversité, agroécosystèmes, agrobiodiversité, pastoralisme, pêche, changements planétaires, diachronie, domestication, interactions, savoir locaux, pratiques, représentations

Nos thématiques de recherche sont :

  1. Agrobiodiversités anciennes et actuelles : domestication, diversification et circulation
  2. Domestication des paysages, construction culturelle de niche et écologie historique
  3. Adaptation aux changements globaux
  4. Interactions entre savoirs locaux et savoirs scientifiques

1. Agrobiodiversités anciennes et actuelles : domestication, diversification et circulation
(animation Sophie Caillon & Doyle McKey)

Cette thématique s’articule autour de la compréhension (i) des dynamiques sociales et biologiques associées à la domestication des espèces tant végétales qu’animales, (ii) de la diversification des espèces domestiquées et (iii) de l’histoire de la diffusion des espèces domestiquées et des systèmes agricoles. Nous abordons cette thématique dans un contexte spatial et temporel privilégiant une approche paysagère, décrivant tant des processus se déroulant sur le temps long que des transformations rapides (par exemple, la néo-domestication). Nous analysons également la manière dont les semences des plantes circulent entre les agriculteurs (analyse et modélisation de réseaux sociaux) et l’impact que cela peut avoir sur la diversification du patrimoine génétique cultivé. Nous travaillons sur divers modèles biologiques, incluant des espèces végétales à multiplication clonale ou à reproduction exclusivement sexuée, des espèces pérennes et des modèles de domestication des animaux, notamment le chien. Inversement, notre collectif interroge la façon dont les processus dynamiques de domestication, diversification et circulation interagissent et influencent les relations des Hommes entre eux (liens et organisation sociale, identité, histoire).

2. Domestication des paysages, construction culturelle de niche et écologie historique
(animation Yildiz Aumeeruddy-Thomas & Doyle McKey)

Si on peut dire que les humains s’adaptent à leur milieu, il est souvent plus juste de dire qu’ils adaptent le milieu à leurs besoins. Par des innovations culturelles, les humains construisent leur niche écologique, transformant les paysages. Quelles sont les limites de ces transformations ? Comment l’inventivité humaine interagit-elle avec les contraintes imposées par le milieu pour façonner les adaptations culturelles résilientes ? Quels sont les impacts à long terme des activités humaines sur les écosystèmes et le paysage ? Nous approchons ces questions en étudiant plusieurs types de paysages qui ont été depuis longtemps façonnés par l’Homme. L’étude du jeu d’interactions sur le long terme qu’on observe dans ces paysages entre processus écologiques, d’un côté, et pratiques et représentations humaines, de l’autre, offre des leçons pour l’utilisation durable des terres face aux changements planétaires actuels.

3. Adaptation aux changements globaux
(animation Edmond Dounias)

De nombreux processus intervenant à l’échelle nationale, régionale et internationale pèsent sur le local, et il n’est plus une seule société humaine qui n’échappe aujourd’hui à de telles influences. Les préoccupations environnementales croissantes font émerger de nombreux dispositifs et intervenir une multitude d’acteurs, portés par des légitimités et des intérêts parfois divergents. Il importe d’inclure ces facteurs exogènes dans la compréhension des systèmes socio-écologiques locaux, lesquels ne fonctionnent plus en vase clos. Notre équipe s’intéresse ainsi aux processus d’adaptation des sociétés sous l’effet de changements de diverses natures : climatiques (altération des ressources et de la biodiversité), politiques (incidences locales de politiques agraires ou environnementales) et sociétaux (pression foncière, déprise agricole...). L’alimentation — régime, habitus, ressources — est symptomatique des réponses élaborées localement et des situations de maladaptation de certaines sociétés confrontées à des changements drastiques.

4. Interactions entre savoirs locaux et savoirs scientifiques
(animation Yildiz Aumeeruddy-Thomas & Nicolas Lescureux)

Les savoirs locaux ont été projetés sur la scène internationale depuis la Convention pour la Diversité Biologique (CDB 1992) et sont désormais intégrés dans le protocole de Nagoya et les évaluations de l’IPBES pour la gestion de la biodiversité et les services écosystémiques. Bien qu‘une complémentarité entre savoirs scientifiques et savoirs locaux soit désormais reconnue, la mise en pratique et les questions épistémologiques et de pouvoir que soulèvent les interactions entre ces différents types de savoirs restent encore peu comprises. L’équipe abordera ce sujet en analysant la nature de différents types de savoirs et des modalités d’interactions et/ou de co-construction en cours sur nos différents terrains être savoirs locaux et scientifiques ainsi que des différentes postures des différents détenteurs de savoirs. Nos méthodes et démarches se fondent sur l’analyse ethnobiologique des interactions entre savoirs, pratiques et représentations. Les démarches participatives qui génèrent de nouvelles formes de savoirs nécessitent en outre une approche épistémologique des modalités de co- constructions des savoirs. Nos questions porteront entre autre sur les modes d’organisation de ces différents types de savoirs au sein de bases de données mettant en regard savoirs scientifiques et savoirs locaux ainsi que les correspondances entre classifications vernaculaires et scientifiques.