Soutenance de Thèse : Marie Chandelier

Avis de Soutenance
Marie CHANDELIER

Soutiendra publiquement ses travaux de thèse intitulés
Le loup dans la presse française contemporaine. Analyse des fonctionnements argumentatifs médiatiques.

Soutenance prévue le mardi 11 décembre à 14h
Lieu : l'Amphithéâtre de la Délégation Régionale du CNRS

Espèce strictement protégée par le droit national et international, le loup est revenu sur le territoire français le 5 novembre 1992. Son retour, après presque un demi-siècle d’absence, a provoqué des conflits virulents opposant un grand nombre d’acteurs de la société (éleveurs, institutions, scientifiques, politiques, militants, etc.). Malgré la mise en place de dispositifs de concertation, ces conflits conservent encore toute leur intensité. En relayant très largement les débats, les médias ont joué un rôle dans la construction de la controverse. Par le public généraliste auquel elle s’adresse, la presse écrite pourrait matérialiser un espace favorisant la compréhension mutuelle des intérêts des acteurs humains et non humains en confrontation. À partir d’un corpus de presse écrite nationale et régionale (Le Monde et Nice-Matin, 1993-2014), nous avons identifié les fonctionnements argumentatifs à l’œuvre dans les médias et mis en évidence l’importance de l’opération de catégorisation dans la représentation du conflit. Dès les premiers récits de prédation, c’est en effet autour de la construction axiologique des acteurs en jeu que se structure le discours. La presse régionale construit la controverse à partir de représentations stables opposant une image sociale forte de l’éleveur à une représentation inquiétante du loup. Alors que jusqu’au début des années 2000, la presse nationale adoptait une posture inverse, dessinant une image du loup positive, selon des propriétés anthropomorphiques, et une image de l’éleveur négative, elle évolue ensuite, à partir de 2004, vers une réévaluation de la figure de l’éleveur en acteur professionnel respectable, et victime d’un loup à l’image dégradée. Ce changement de posture se produit au moment du tournant institutionnel vers une gestion directe de la coexistence, autorisant les tirs de loups. Dans la presse nationale comme régionale, la focalisation sur l’image des acteurs se produit selon un schéma opposant systématiquement l’acteur humain – l’éleveur – à l’acteur non humain – le loup. La valorisation de l’un entraînant le dénigrement de l’autre. En structurant la controverse essentiellement autour de l’image axiologique des acteurs, la presse écrite laisse peu de place à une atténuation du conflit, à la perspective d’une coexistence entre l’homme et les grands prédateurs sur un même territoire.


Mots clés : argumentation, catégorisation, médias, conflits homme-faune sauvage


Membres du jury :

M. Pascal MARTY, Professeur des universités, ENS de Lyon - Rapporteur

Mme Micaela ROSSI, Professeure associée, Université de Gênes  - Rapporteure

M. Antoine DORÉ, Chargé de recherche, INRA - Examinateur

Mme Nolwenn DROUET-HOGUET, Chargée de recherche, ONCFS - Invitée

M. Raphaël MATHEVET, Directeur de recherche, IFP - Co-directeur

Mme Agnès STEUCKARDT, Professeure des universités, UPVM - Co-directrice

 

Soutenance de thèse : Frédéric Sanchis

Avis de Soutenance
Frédéric Sanchis

Soutiendra publiquement ses travaux de diplôme EPHE intitulés
Etude de l'utilisation et de la sélection de l'habitat chez le mouflon de Corse à différentes échelles spatiales et temporelles

Soutenance prévue le 27 novembre à 9h30
Lieu : Amphithéâtre de la Délégation

Le mouflon de Corse (Ovis gmelini musimon var corsicana) est une espèce emblématique sur l’île, qui présente un statut de conservation préoccupant. Très peu d’études ont été menées sur l’espèce et les besoins de connaissances sur sa biologie et son écologie pour aider les gestionnaires sont importants. C’est dans ce contexte que nous avons décidé d’engager en 2015 une étude sur l’utilisation et la sélection d’habitat afin de mieux comprendre quels étaient les facteurs environnementaux et anthropiques qui pouvaient influencer son comportement, à différentes échelles spatiales et temporelles. Nous avons dans un premier temps étudié la probabilité d’occupation à l’échelle populationnelle, en mettant en place un protocole de présence/absence au sein de l’aire de répartition de la population du massif du Cinto, sur les zones ouvertes d’altitude, en période estivale. 190 sites ont été suivis, avec 3 passages  entre le 1er juillet et le 30 septembre 2016, sur une superficie de 55000ha. Ce travail nous a permis de mettre en évidence le rôle clé de la température à laquelle répondent les mouflons en sélectionnant des habitats frais d’altitude, occupés largement par les formations à aulne odorant. Nous avons également pu montrer qu’à cette échelle, les mouflons évitent les zones où le dérangement est important (routes et sentiers de grande randonnée). Ces modèles d’occupation ont été utilisés pour prédire des cartes d’habitats favorables en zones ouvertes, dans le cadre d’un programme de relâchers de mouflons en périphérie de l’autre noyau de population présent sur l’île (massif de Bavella). Nous nous sommes placés dans un deuxième temps à l’échelle individuelle. Nous avons étudié la sélection d’habitat en saison estivale et hivernale à partir de données GPS collectées sur un échantillon de 13 mâles entre 2011 et 2015, en utilisant des méthodes d’analyse exploratoires et inférentielles. Nos résultats montrent notamment l’existence de deux stratégies en période estivale (résidents vs migrants). L’analyse de la sélection d’habitat à l’aide d’une SSF (step selection function) du groupe de migrants en zones ouvertes d’altitude démontre à nouveau l’importance du facteur température en été. Par ailleurs un évitement du GR20 aux heures où la fréquentation est la plus forte est mis en évidence. Parmi les animaux migrants nous avons également identifié deux patrons de migration (théorie de la vague verte). Nos résultats montrent à différentes échelles spatiales et temporelles le rôle clé du couvert thermique dans la sélection d’habitat du mouflon de Corse.

Keywords:
Mouflon, sélection d’habitat, échelle, site occupancy, SSF, K-select, conservation

Membres du jury :
M. DELESALLE Bruno                                         Président
M. GAREL Mathieu                                           Tuteur scientifique
M BESNARD Aurélien                                      Tuteur pédagogique
Mlle VALEIX Marion                                        Rapporteur
M. MARBOUTIN Eric                                       Examinateur
M. GLENN Yannic                                            Examinateur
              

Soutenance de Thèse : Julie Louvrier

Avis de Soutenance
Julie LOUVRIER

Soutiendra publiquement ses travaux de thèse intitulés

Modélisation statistique de la distribution des grands carnivores en Europe

Soutenance prévue le 27 novembre à 13h30
Lieu : Amphithéâtre de la délégation du CNRS

Les grands carnivores recolonisent l’Europe grâce à une augmentation de la superficie forestière et des populations d'ongulés sauvages ainsi que des me-sures de conservation. Ce retour pose toutefois des défis, les carnivores entrant en interactions avec les activités humaines telles que l’élevage. Quantifier leur distribution peut aider à situer et prédire les impacts sur ces activités. Ces espèces sont toutefois très mobiles, difficiles à observer et vivent à de très faibles densités. Par conséquent, la modélisation de leur distribution présente plusieurs défis en raison 1) de leur détectabilité imparfaite, 2) de leur distribu-tion dynamique dans le temps et 3) du suivi à grande échelle basé sur la collecte de données opportunistes sans mesure formelle de l'effort d'échantillon-nage. Dans cette thèse, nous nous sommes concentrés sur deux espèces de grands carnivores, le loup (Canis lupus) et le lynx boréal (Lynx lynx), pour évaluer et développer les méthodologies liées à la modélisation de la distribution d’espèces (SDMs). Plus particulièrement, nous avons exploré l’application des mo-dèles d’occupancy dans le contexte du suivi des grands carnivores en Europe. Ces modèles permettent d’établir le lien entre la présence d’une espèce et l’environnement dans le but d’établir la proportion d'une zone d'étude que l’espèce occupe, tout en prenant en compte une détectabilité imparfaite.
    Plus précisément, nous avons d'abord évalué la dynamique de la distribution des loups en France de 1994 à 2016, tout en prenant en compte leur détection imparfaite. Nous avons montré l'importance de prendre en compte l’effort d'échantillonnage variant dans le temps et dans l'espace à l’aide de de modèles d’occupancy dynamique.
    Deuxièmement, comme des faux positifs peuvent être présents lors de la surveillance d'espèces rares, nous avons développé un modèle dynamique d’occupancy qui tenait compte simultanément des faux négatifs et des faux positifs pour analyser conjointement des données qui contenaient à la fois des détections certaines et des détections incertaines. L'analyse des données sur le lynx boréal dans les pays alpins a suggéré que l'incorporation de détections incertaines produisait des estimations des paramètres écologiques plus précises.
    Troisièmement, nous avons développé un modèle qui prenait en compte l'hétérogénéité de la détection tout en traitant les faux positifs. En appli-quant notre nouvelle approche au loup en France, nous avons démontré que l'hétérogénéité de la détection du loup était principalement due à un effort d'échantillonnage hétérogène dans l'espace.
    Quatrièmement, pour traiter des sources de données multiples, nous avons développé un modèle de processus ponctuel de Poisson qui permettait l'inclusion de différentes sources de données lors de la construction des SDMs. Nous avons montré comment la combinaison des données sur la distribution permettait d’optimiser un suivi en répondant à la question de savoir quelle(s) source(s) d'information apporterait l’essentiel de l’information lors du suivi du lynx en Norvège.
    Cinquièmement, pour comprendre les mécanismes sous-jacents de la colonisation des loups en France, nous avons développé un cadre statistique pour estimer l'occupation spatio-temporelle et la dynamique des effectifs en utilisant le cadre de diffusion écologique. Nous avons montré le potentiel de notre approche pour prédire la distribution future potentielle du loup à court terme, un élément qui pourrait contribuer à cibler des zones de gestion ou se concentrer sur des zones de conflit potentiel.
    Dans l'ensemble, nos travaux montrent que les données opportunistes peuvent être analysées à l'aide de modèles de distribution d’espèces qui prennent en compte les contraintes liées au type de suivi utilisé pour produire les données. Nos approches peuvent être utilisées par les gestionnaires pour optimiser la surveillance des grands carnivores, cibler des zones de présence potentielles et contribuer à proposer des mesures destinées à atténuer les con-flits.  

Mots-clés : Canis lupus, détection imparfaite, distribution d’espèce, dynamique des populations, écologie statistique, grands carnivores, hétérogénéité de détection, Lynx lynx, modèles d’occupancy, sciences participatives


Membres du jury :

Stephanie KRAMER-SCHADT, directrice de recherche, Leibniz IZW                                                         Rapportrice
Wilfried THUILLER, directeur de recherche, LECA                                                                                   Rapporteur
Christophe DUCHAMP, chargé de recherche, ONCFS                                                                              Invité
Gurutzeta GUILLERA-ARROITA, Maitresse de conférences, University of Melbourne                                  Examinatrice
Marc KERY, directeur de recherche, Vogelwarte                                                                                      Examinateur
Anne CHARMANTIER, directrice de recherche, CEFE                                                                             Examinatrice
Nolwenn DROUET-HOGUET, chargée de recherche, ONCFS                                                                    Examinatrice
Olivier GIMENEZ, directeur de recherche, CEFE                                                                                      Directeur



Soutenance de Thèse : Rémi Patin

Avis de Soutenance
Rémi PATIN
Soutiendra publiquement ses travaux de thèse intitulés

Jeu spatial et interactions comportementales
dans l’interaction prédateur-proie


Soutenance prévue le vendredi 23 novembre à 14h00
Lieu : Amphithéâtre de la délégation régionale


Prédateurs et proies sont entraînés dans une course spatiale où les prédateurs cherchent à sélectionner les zones du paysage avec une forte disponibilité en proies alors que les proies tentent d’éviter les zones du paysage avec une forte probabilité de rencontrer un prédateur. Ils procèdent incessamment à de nombreux choix susceptibles de modifier l’issue de cette course. Ainsi, en sélectionnant des endroits différents, ils peuvent tenter d’altérer les probabilités de détection, de rencontre ou encore la probabilité de réussite d’une attaque. De nombreuses études empiriques montrent l’importance de l’habitat dans ces choix. On connaît par contre peu les mécanismes de recherche (par les prédateurs) ou d’évitement (par les proies) qui ne seraient pas relatifs à l’habitat. La course spatiale ne résume cependant pas entièrement l’interaction entre prédateurs et proies, laquelle dépend de nombreux comportements non-spatiaux. La vigilance et la socialité des proies constituent des défenses relativement répandues. On a aussi fréquemment observé de nombreux exemples où les proies deviennent actives à un autre moment de la journée pour échapper à leur prédateur. Cependant, on connaît relativement peu les interactions de ces comportements avec la dimension spatiale du jeu proie-prédateur. Dans cette thèse, j’ai pour objectif de combler ces différents manques. Dans le premier chapitre, je propose un modèle théorique montrant l’importance de la prise en compte des comportements spatiaux dans l’interaction classique entre vigilance et taille de groupe chez les proies. Dans le second chapitre, je présente un mécanisme d’évitement des prédateurs par les proies, s’appuyant sur les ancres spatiales et temporelles des prédateurs et ne dépendant pas de l’habitat. Enfin, dans le dernier chapitre, je développe un modèle de choix de parcelles permettant de prévoir comment les connaissances passées sont susceptibles d’être utilisées pour orienter les déplacements. Ce modèle rappelle notamment l’importance de l’imprévisibilité du déplacement dans le jeu prédateur-proie. Ces différents travaux se placent dans le cadre d’une écologie comportementale du paysage et visent à intégrer des mécanismes comportementaux dans l’étude des dynamiques écologiques à l’échelle du paysage.
Predators and prey engage into a space race where predators seek to select areas with high prey availability while prey try to avoid areas with a high probability of encountering a predator. Predators and prey continuously make choices that can alter the outcome of this space race. For example, by using different locations in the landscape, they can alter the probability of an encounter, the probabilities of detection or the probability of success of an attack. Many empirical studies show the importance of habitat in these choices. On the other hand, little is known about avoidance by prey or predator search strategies that would be unrelated to habitat. The space race, however, does not fully summarize the interaction between predators and prey, which also depends on many non-spatial behaviors. The vigilance and grouping behaviour of prey are relatively common defenses, and there are many examples where prey become active at another time of day to escape their predator. However, it is still unclear how those behaviors interact with the spatial dimension of the prey-predator game. In this thesis, I will try to fill these gaps. In the first chapter, I propose a theoretical model showing the importance of accounting for spatial behaviors when studying the classical interaction between vigilance and group size in prey. In the second chapter, I present a mechanism of predator avoidance by prey, relying on the spatial and temporal anchors of predators and independent on the habitat. Finally, in the last chapter, I develop a patch selection model to predict how past information should be used to determine movement. This model emphasize the importance of movement unpredictability in the predator-prey game. These different works are part of a behavioral ecology of the landscape and aim to integrate behavioral mechanisms in the study of ecological dynamics at the landscape scale.

Membres du jury :

François-Xavier DECHAUME-MONCHARMONT, MCF, Université de Bourgogne          Rapporteur
Étienne SIROT, MCF, Université de Bretagne Sud                                                    Examinatrice
Anne LOISON, DR CNRS, Université Savoie Mont Blanc                                           Examinatrice
Élisa THÉBAULT, CR CNRS, Sorbonne Université                                                    Directeur
Simon CHAMAILLÉ-JAMMES, DR CNRS, Université de Montpellier                           Directeur
Daniel FORTIN, Professeur, Université Laval - Québec                                               Rapporteur

Soutenance de Thèse : Tangi Le Bot

Avis de Soutenance
Tangi LE BOT

Soutiendra publiquement ses travaux de thèse intitulés
Influence d'une source prévisible de nourriture anthropogénique sur l'écologie spatiale, la dynamique populationnelle et la conservation d'un prédateur marin

Soutenance prévue le 26 novembre à 14 h
Lieu : Amphithéâtre de la Délégation


Les oiseaux marins sont des espèces emblématiques. Passeuses de frontières, de la mer à la terre, de l’air à l’eau, des pays du nord au pays du sud, elles créent un lien entre les différents sociaux- écosystèmes marins de notre planète. Du fait de leur ubiquité, elles sont exposées à de nombreuses menaces autour du monde. Parmi elles, les interactions avec les pêcheries représentent la part de risque la plus importante pour ces espèces lorsqu’elles sont en mer. Leur statut de conservation en est affecté, et des actions prioritaires visant à réduire ces impacts doivent être mis en place. Ces espèces bénéficient de l’intérêt, voir de la sympathie des populations et le grand public est sensible au sort de leurs po-pulations. Mettre en place des stratégies et des outils permettant la conservation des populations d’oiseaux marins répond donc à une de-mande sociétale urgente. Le fou de Bassan (Morus bassanus) est une espèce emblématique de la conservation des oiseaux marins en France métropolitaine. Au sein de la Réserve Naturelle Nationale de l’archipel des Sept-Îles, la seule colonie de reproduction Française de cette es-pèce bénéficie d’un statut de protection fort. Malgré cela, au cours de la dernière décennie, notre étude a mis en évidence une inversion de la dynamique de la population et une baisse du succès reproducteur. La mise en place d’un suivi bio-télémétrique nous a alors permis de cher-cher à comprendre et expliquer ces changements. Nous avons notamment mis en évidence, que durant la saison de reproduction, les fous des Sept-Îles souffraient de la diminution de leurs proies naturelles et se rabattaient alors sur des rejets de pêche. La consommation de ces sub-sides anthropiques affecte les efforts de recherche alimentaire, la condition des individus et finalement leur reproduction. De plus, nous avons montré que durant la période internuptiale, ils étaient exposés à de forts risques de captures accidentelles et à une diminution globale de leurs proies préférentielles, affectant les taux de retours à la colonie et expliquant potentiellement la baisse observée de la taille de la population. Ces travaux nous amènent à conclure que la bonne conservation des fous des Sept-Îles, comme celle de toute la mégafaune marine, ne pourra se faire qu’en adoptant une approche écosystémique des pêches. Particulièrement, le partage de certaines ressources entre prédateurs supé-rieurs et pêcheries devra être pris en compte dans la gestion des stocks, la diminution des rejets de pêche devra être favorisée et des aires marines protégées pélagiques excluant les activités de pêche, dessinées à partir des zones d’intérêt pour les oiseaux marins, devront être mise en place.


Keywords: Ecologie spatiale,Interactions pêcheries-oiseaux marins,fous de bassan,conservation


Membres du jury :


M. David GREMILLET         Centre National de la Recherche Scientifique     Directeur de thèse                                 
M. Vincent RIDOUX            Université de La Rochelle                                 Rapporteur                                   
M. Pierr-Yves HENRY         Muséum National d'Histoire Naturelle                Rapporteur                                    
Mme Yunne-Jai SHIN          Institut pour la Recherche et le Développement  Examinateur                                    
Mme Amélie LESCROEL    Point Blue Conservation Institute                       Invité                                      
M. Pascal PROVOST         Liguepour la Protection des Oiseaux                  Invité

 

 

Soutenance de Thèse : Camila Leandro

Avis de Soutenance
Camila LEANDRO

Soutiendra publiquement ses travaux de thèse intitulés
Conservation de l’entomofaune ordinaire : Enjeux scientifiques et sociétaux

Soutenance prévue le 29 novembre à 9h30
Lieu : Salle des Actes, Université Paul-Valéry Montpellier 3 (site St Charles)

En regardant de près les outils juridiques et autres leviers, pour la conservation de la biodiversité, il semblerait que les in-vertébrés, et notamment les insectes, soient minoritaires ou absents. Ce constat est d’autant plus paradoxal lorsque l’on sait que 2/3 de la diversité biologique est composée par des insectes. Comment cette diversité essentielle pour le fonction-nement des écosystèmes se retrouve-t-elle dans l’angle mort de la conservation ?
La première réponse avancée est le manque d’outils techniques pour étudier ces organismes petits et relativement in-saisissables. La rencontre avec les nouvelles méthodes techniques pour la détection et l’étude des insectes est plus que jamais nécessaire. En effet, ces leviers permettront de faciliter l’étude de ces organismes, d’augmenter les connaissances et ainsi de développer une conservation plus adéquate. Nous évoquerons deux approches en particulier: la détection avec des outils moléculaires et l’utilisation de modèles statistiques pour l’exploration de la distribution potentielle des espèces.
Mais les connaissances sont également fondées sur la demande sociétale.  Et les connaissances alimentent elles-mêmes les outils de protection et de conservation de la biodiversité. À l’échelle des invertébrés, des disparités existent, privilégiant les « grands papillons bleus » aux « petits diptères marrons ». De fait, l’enjeu le plus important pour déverrouiller la conserva-tion des insectes réside dans l’humain et la perception qu’il a de cette biodiversité.  À travers une approche de psychologie de la conservation, nous sonderons la perception du grand public sur les insectes. De même, avec une approche de recher-che-action-participative, nous tenterons d’engager divers acteurs vers la conservation d’un groupe d’insectes ordinaires : les coléoptères coprophages. Notre volonté est de proposer des moyens pour sensibiliser, éduquer et engager la société dans cet enjeu majeur qu’est la conservation de l’entomofaune.


Keywords: Conservation des invertébrés ; Coléoptères coprophages ; perception ; ADN environnemental ; modèles de processus de points ; recherche-action


Membres du jury :

Christine Rollard (MNHN)                            Rapporteur
Julien Pétillon (Univ. Rennes 1)                    Rapporteur
Nathalie Blanc  (CNRS-LADYSS)                Examinateur
Pascal Dupont (MNHN-AFB)                       Examinateur
Ana Rodrigues (CNRS-CEFE)                     Examinateur                     
John Thompson (CNRS-CEFE)                    Examinateur

Soutenance de Thèse : Daphné ASSE

Avis de Soutenance
Daphné ASSE

Soutiendra publiquement ses travaux de thèse intitulés Understand and predict the response of elevation forest ecosystems to climate change with a program of citizen science.

Soutenance prévue le jeudi 15 novembre à 13h30

Lieu : Grande salle de réunion du CEFE


Mountainous regions are particularly exposed to the ongoing climate change. Indeed, in the Western Alps the temperature increased twice faster than in the northern hemisphere during the 20th century. Trees’ annual cycle, as in many other organisms, is largely affected by climate change. Phenology and the fine temporal variations of climate appear key to predict species distribution. The main objective of this PhD thesis work was to understand the response of tree phenology to climate change in the Alps and to develop tools to evaluate this response in future conditions. It has been carried out using the phenological observations (budburst, flowering, leaf senescence) of five tree species (hazel, ash, birch, larch and spruce) of the citizen science program Phenoclim.

Our results show that warmer winters slow down bud dormancy break, and consequently the budburst and flowering dates along the elevation gradient. This effect is stronger at low elevation. The robustness of process-based species distribution models depends strongly on the robust-ness of their process-based phenology sub-model. By comparing different phenology models differing in their level of complexity and we showed that process-based models were the most robust especially when their parameter estimates relied on forward estimation using exper-imental data. Models project a reduction in the phenological cline along the elevation gradient by the end of the 21th century. This is due, on one hand, to an advancement of the budburst dates at high elevation and on the other hand, to a delay of the budburst dates at low elevation. We also tested several hypotheses on the environmental determinism of bud cell growth. However, none of the hypotheses improved signifi-cantly the models’ performance. We then implemented the best phenology models we obtained in the process-based species distribution model PHENOFIT. We carried out for the first time simulations at high spatial resolution. Projections showed that species are expected to move up along the elevation gradient in response to climate change. However, local extinction events may occur in the bottom of the valleys due to late flowering dates that would decrease the reproductive success. Depending on the species, the upper altitudinal limit would be controlled by the risk of flowers’ exposure to late spring frost or to the length of growing season, which determine fruit maturation success.

All of these results, allowed us to provide some answers on the future dynamics of high altitude ecosystems in the face of global climate change. They also allowed us to show that the Phenoclim data were of sufficient quality to be used to address important scientific questions.

Keywords: Phenology, modelling, biological processes, climate change, species distribution, biogeography, Alps

Membres du jury :

Membres du jury :
Dr. Jean-Paul THEURILLAT, Université de Genève                       Rapporteur
Dr. André LACOINTE, CR, INRA Clermont-Ferrand                      Rapporteur
Dr. Stephan HATTENSCHWILER, DR, CEFE - CNRS Montpellier Examinateur
Dr. Philippe ROZENBERG, DR, INRA Orléans                            Examinateur
Dr. Isabelle CHUINE, DR, CEFE - CNRS Montpellier                   Directrice de thèse
Dr. Christophe RANDIN, CR, DEE - Université de Lausanne         Co-directeur de thèse
Dr. Vincent BADEAU, IR, INRA Nancy                                       Co-directeur de thèse
Dr. Anne DELESTRADE, CREA Mont-Blanc                               Membre invité