Thèses, HDR

Soutenance de Jérémy Tornos

Ce mardi 6 juillet à 13h30, Jérémy Tornos soutiendra sa thèse intitulée "Approches intégrées en écologie de la conservation des oiseaux marins : cas de l’utilisation d’autovaccins pour la conservation des albatros sur l’île Amsterdam".

Pour des raisons sanitaires un registre ainsi qu'une feuille d'émargement seront mis en place pour l'accès à l'amphithéâtre, pour ceux qui souhaitent assister à ma soutenance en présentiel, n'hésitez pas à me confirmer votre venue afin que je mette à jour le registre.

Vous pouvez également la suivre avec le lien zoom suivant (et code d'accès) :

https://cnrs.zoom.us/j/99719984057
ID de réunion : 997 1998 4057
Code secret : sa7aEt

 

Thèse de l'Université de Montpellier, Ecole Doctorale GAIA réalisée au CEFE UMR 5175 via un dispositif CIFRE, avec l'entreprise Ceva, et sous la direction de Thierry Boulinier.

Résumé :

L’Albatros à nez jaune de l’océan indien (Thalassarche carteri) est une espèce menacée d’extinction dont la population principale, qui se reproduit sur l’île Amsterdam (Terres Australes et Antarctiques Françaises), connait un déclin et une très forte mortalité des jeunes individus depuis plusieurs décennies. La bactérie responsable du choléra aviaire, Pasteurella multocida, est suspectée comme étant à l'origine de ces mortalités et notre équipe évalue depuis plusieurs années maintenant l'utilisation d'un vaccin pour protéger les poussins, via leur vaccination directe, mais aussi celle des femelles reproductrices susceptibles de transmettre des anticorps protecteurs à leur poussin. Le vaccin utilisé est un vaccin autologue (autovaccin) spécifiquement développé par Ceva-Biovac contre une souche de la bactérie Pasteurella multocida isolée sur un cadavre d’albatros. Suite à l’obtention de premiers résultats prometteurs, les objectifs de la thèse étaient d’ajuster le protocole de vaccination, mais également de mieux appréhender et décrire les processus éco-épidémiologiques en jeu au sein des populations de vertébrés de l’île Amsterdam. Ceci a reposé sur l'analyse fine du suivi de couples reproducteurs année après année, mais aussi sur l'utilisation de données éco-épidémiologiques expérimentales complémentaires, notamment une nouvelle formulation du vaccin. Une diversité de pathogènes responsables de mortalités a pu être caractérisée. L’âge optimal de vaccination des poussins parait être vers 10 jours et la vaccination des femelles reproductrices semble pouvoir protéger les poussins pendant plusieurs années, mais la forte densité de rats (Rattus norvegicus) actifs dans les colonies a rendu difficile l’identification d’un effet protecteur fort du vaccin. Les résultats obtenus améliorent la compréhension des mécanismes de circulation d'agents infectieux chez des espèces à reproduction coloniale et permettront de comparer les bénéfices relatifs attendus de différents scénarios de vaccination. Le travail montre l’importance d’intégrer des approches complémentaires, notamment du domaine biomédical et de l’écologie des populations, pour aborder la problématique de l’émergence de maladies infectieuses dans le contexte des changements environnementaux actuels.

Cette soutenance, tenue en français, se déroulera devant le jury composé de :

  • Bruno Faivre, rapporteur, Professeur, Université de Bourgogne
  • Julien Gasparini, rapporteur, Professeur, Sorbonne Université
  • Nathalie Charbonnel, examinatrice, Directrice de Recherche INRAE, CBGP
  • Maria Dias, examinatrice, Researcher, Marine and Environmental Science Center, Cambridge
  • Raul Ramos, examinateur, Associate Professor, University of Barcelona
  • Hubert Gantelet, invité, Directeur Recherche & Développement Ceva Biovac
  • Célia Lesage, invitée, Chargée de la conservation des populations d'oiseaux, Réserve Naturelle Nationale des Terres Australes Françaises