Les traits séparés par métamorphose évoluent-ils indépendamment? Concepts et méthodes

Le 10 avril 2019 : The Royal Society

Chez de nombreux animaux, la métamorphose sépare des larves et des adultes très différents, qui vivent souvent dans des environnements distincts. Néanmoins, les caractéristiques exprimées à différents stades de vie sont codées par le même génome, ce qui peut créer des contraintes évolutives dont la magnitude reste inconnue. Ici, nous proposons des concepts généraux et des méthodes pour étudier l’ampleur des corrélations génétiques à travers les stades de vie et la manière dont elles peuvent contraindre l’évolution. Les méthodes et outils décrits ici contribueront à la création d'un cadre prédictif pour l'évolution des traits au cours des stades de vie. 

A lire : https://doi.org/10.1098/rspb.2019.0445

Julie Collet and Simon Fellous

La fragmentation des habitats est-elle nécessairement mauvaise pour la biodiversité ?

le 22 janvier 2019

j.l Martin

Un consortium d’écologues (Canada, Mexique, Brésil, U.K., USA, France, Australie) montre dans Biological Conservation pourquoi la fragmentation des habitats n’est pas nécessairement mauvaise pour la biodiversité. En effet, les impacts négatifs attendus sur la base de ce qui est observé à l’échelle des fragments ne se retrouvent pas à l’échelle du paysage. A cette échelle, l’accroissement de la diversité des habitats, la dilution des risques, les effets de complémentation entre types d’habitats, sont susceptibles de contrecarrer les effets négatifs observés à l’échelle des fragments individuels. En direct des labos

Réserve de Scandola en Corse : le tourisme menace une espèce d’oiseau protégée

18 décembre 2018 - Alerte presse

Balbuzard adulte survolant la réserve naturelle nationale (RNN) de Scandola, Mars 2013. © Olivier Duriez

La population de balbuzard pêcheur, un rapace protégé et menacé en mer Méditerranée, s’effondre dans la réserve naturelle nationale de Scandola en Corse, alors qu’elle y était passée de deux couples en 1974 à huit depuis les années 1990. Selon une collaboration franco-italienne, impliquant notamment des chercheurs du CEFE, les activités touristiques dérangent sans cesse les oiseaux en fin de période de reproduction, ce qui provoque une chute du succès reproducteur. Cette étude, publiée le 17 décembre, fait la couverture de la revue Animal Conservation. Elle souligne l’importance de modifier la manière dont est géré le tourisme dans cette aire marine protégée. En direct des labos

Deux recettes pour se débarrasser des mauvaises mutations

 12 décembre 2018
 
© Jean-Pierre Pointier.

La plupart des mutations sont délétères. Sans sélection naturelle, elles s’accumuleraient et diminueraient peu à peu la survie des organismes. Une étude du CEFE sur des escargots, parue dans Evolution Letters, montre que deux processus limitent cette accumulation : la sélection sexuelle, liée à la compétition entre mâles, et la consanguinité, liée à une reproduction entre apparentés. Ces deux processus ont la même efficacité, un résultat rassurant pour les espèces allergiques à la consanguinité !  "En direct des labos"

La pêche industrielle affame les oiseaux marins à l’échelle mondiale

6 décembre 2018 - Alerte presse

 
© David Grémillet.

L’intensification de la pêche industrielle contribue à diminuer la quantité de nourriture disponible pour les oiseaux marins, menaçant de nombreuses espèces dans le monde. Des chercheurs du CEFE, de l’Université de Colombie Britannique (Canada) et de l’Université d’Aberdeen (Ecosse) ont cartographié pour la première fois, la compétition entre la pêche industrielle et les oiseaux marins à travers le monde entre 1970 et 2010. Selon leur étude, la consommation moyenne annuelle de nourriture des oiseaux a diminué de 70 à 57 millions de tonnes entre les périodes 1970-1989 et 1990-2010, tandis que la capture annuelle moyenne des proies des oiseaux par les pêcheries a augmenté de 59 à 65 millions de tonnes au cours des mêmes périodes. Malgré le net déclin de la communauté mondiale des oiseaux marins pendant la période 1970-2010, la pression de compétition exercée par les pêcheries demeure soutenue. Cette compétition a même augmenté dans près de la moitié des océans du monde. L’étude est publiée dans la revue Current Biology. "En direct des labos"

Lente récupération d’une population de hyènes après une épidémie

26 novembre 2018

hyenes

Des hyènes tachetées (Crocuta crocuta) du clan Mamba,
au repos près de leur tanière communautaire, parc national du Serengeti, Tanzanie.

Les maladies infectieuses peuvent considérablement réduire les effectifs de populations d’animaux sauvages et impacter la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes. Pour protéger les espèces en danger, il faut donc pouvoir prédire les conséquences à long terme des épidémies sur leurs populations. Les scientifiques du Leibniz-IZW à Berlin et du CEFE à Montpellier ont développé un modèle mathématique qui a permis de déterminer l’impact d’une épidémie de la maladie de Carré sur une population de hyènes tachetées dans le parc national du Serengeti en Tanzanie. Les résultats de cette étude sont publiés en accès libre dans la nouvelle revue de Nature, Communications Biology. Lire dans "En direct direct des labos"