La fragmentation des habitats est-elle nécessairement mauvaise pour la biodiversité ?

le 22 janvier 2019

j.l Martin

Un consortium d’écologues (Canada, Mexique, Brésil, U.K., USA, France, Australie) montre dans Biological Conservation pourquoi la fragmentation des habitats n’est pas nécessairement mauvaise pour la biodiversité. En effet, les impacts négatifs attendus sur la base de ce qui est observé à l’échelle des fragments ne se retrouvent pas à l’échelle du paysage. A cette échelle, l’accroissement de la diversité des habitats, la dilution des risques, les effets de complémentation entre types d’habitats, sont susceptibles de contrecarrer les effets négatifs observés à l’échelle des fragments individuels. En direct des labos

Réserve de Scandola en Corse : le tourisme menace une espèce d’oiseau protégée

18 décembre 2018 - Alerte presse

Balbuzard adulte survolant la réserve naturelle nationale (RNN) de Scandola, Mars 2013. © Olivier Duriez

La population de balbuzard pêcheur, un rapace protégé et menacé en mer Méditerranée, s’effondre dans la réserve naturelle nationale de Scandola en Corse, alors qu’elle y était passée de deux couples en 1974 à huit depuis les années 1990. Selon une collaboration franco-italienne, impliquant notamment des chercheurs du CEFE, les activités touristiques dérangent sans cesse les oiseaux en fin de période de reproduction, ce qui provoque une chute du succès reproducteur. Cette étude, publiée le 17 décembre, fait la couverture de la revue Animal Conservation. Elle souligne l’importance de modifier la manière dont est géré le tourisme dans cette aire marine protégée. En direct des labos

La pêche industrielle affame les oiseaux marins à l’échelle mondiale

6 décembre 2018 - Alerte presse

 
© David Grémillet.

L’intensification de la pêche industrielle contribue à diminuer la quantité de nourriture disponible pour les oiseaux marins, menaçant de nombreuses espèces dans le monde. Des chercheurs du CEFE, de l’Université de Colombie Britannique (Canada) et de l’Université d’Aberdeen (Ecosse) ont cartographié pour la première fois, la compétition entre la pêche industrielle et les oiseaux marins à travers le monde entre 1970 et 2010. Selon leur étude, la consommation moyenne annuelle de nourriture des oiseaux a diminué de 70 à 57 millions de tonnes entre les périodes 1970-1989 et 1990-2010, tandis que la capture annuelle moyenne des proies des oiseaux par les pêcheries a augmenté de 59 à 65 millions de tonnes au cours des mêmes périodes. Malgré le net déclin de la communauté mondiale des oiseaux marins pendant la période 1970-2010, la pression de compétition exercée par les pêcheries demeure soutenue. Cette compétition a même augmenté dans près de la moitié des océans du monde. L’étude est publiée dans la revue Current Biology. "En direct des labos"

Lente récupération d’une population de hyènes après une épidémie

26 novembre 2018

hyenes

Des hyènes tachetées (Crocuta crocuta) du clan Mamba,
au repos près de leur tanière communautaire, parc national du Serengeti, Tanzanie.

Les maladies infectieuses peuvent considérablement réduire les effectifs de populations d’animaux sauvages et impacter la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes. Pour protéger les espèces en danger, il faut donc pouvoir prédire les conséquences à long terme des épidémies sur leurs populations. Les scientifiques du Leibniz-IZW à Berlin et du CEFE à Montpellier ont développé un modèle mathématique qui a permis de déterminer l’impact d’une épidémie de la maladie de Carré sur une population de hyènes tachetées dans le parc national du Serengeti en Tanzanie. Les résultats de cette étude sont publiés en accès libre dans la nouvelle revue de Nature, Communications Biology. Lire dans "En direct direct des labos"

Deux recettes pour se débarrasser des mauvaises mutations

 12 décembre 2018
 
© Jean-Pierre Pointier.

La plupart des mutations sont délétères. Sans sélection naturelle, elles s’accumuleraient et diminueraient peu à peu la survie des organismes. Une étude du CEFE sur des escargots, parue dans Evolution Letters, montre que deux processus limitent cette accumulation : la sélection sexuelle, liée à la compétition entre mâles, et la consanguinité, liée à une reproduction entre apparentés. Ces deux processus ont la même efficacité, un résultat rassurant pour les espèces allergiques à la consanguinité !  "En direct des labos"

Les Romains chassaient-ils la baleine en Méditerranée ?

11 juillet 2018 - Alerte presse

image

© D. Bernal-Casasola, University of Cadiz

La chasse commerciale à la baleine, jusqu’ici considérée comme ayant commencé avec les baleiniers basques vers 1 000 après J.-C., a entrainé la disparition des baleines franches (Eubalaena glacialis) et des baleines grises (Eschrichtius robustus) dans l'Atlantique Nord-Est. Une équipe internationale, impliquant des chercheuses du CEFE, a utilisé de nouvelles techniques d’analyses moléculaires pour étudier des os de baleines provenant de sites archéologiques d’usines romaines de salage de poisson dans le détroit de Gibraltar. L’équipe a montré qu'il y a 2 000 ans, des baleines grises et des baleines franches étaient présentes en Méditerranée, probablement pour s’y reproduire.

Lire dans "en direct des labos"