De nouveaux éléments en faveur de l'agrobiodiversité

Le 21 juin
 
Rozenn
© Rozenn LE GUYADER / GQE - Le Moulon / CNRS Photothèque
 
L'augmentation de la demande alimentaire mondiale et les changements climatiques menacent la stabilité de la production alimentaire. Il est donc nécessaire d’apporter des solutions à ce problème de sécurité alimentaire. Une étude impliquant des chercheurs CNRS du Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CEFE – CNRS/Univ Montpellier/Univ Paul Valery Montpellier/EPHE/IRD) a testé le potentiel d’une solution basée sur l’agrobiodiversité. L’analyse de 50 ans de données sur 91 pays montre que la diversité de ce qui est cultivé augmente la stabilité interannuelle des rendements nationaux et suggère qu’augmenter cette agrobiodiversité pourrait contrer les effets déstabilisateurs du climat sur les récoltes. Cette étude publiée dans Nature souligne l’intérêt de la diversité cultivée comme solution complémentaire à l'irrigation et l’amélioration variétale pour maintenir la sécurité alimentaire. A lire
 

Un nouveau regard sur la vigueur hybride

Marianne Elias

Les papillons sont bien connus pour leurs couleurs vives et éclatantes, qui interviennent dans la séduction de partenaires, le camouflage, mais qui peuvent aussi signaler aux prédateurs la présence de toxines. Or, certaines espèces de papillons toxiques ont des ailes transparentes ! Deux études publiées dans Functional Ecology et Proceedings of the Royal Society of London B, menées par des équipes de l’ISYEB et du CEFE lèvent le voile sur les causes écologiques de l’évolution de la transparence chez les papillons toxiques. Ces travaux montrent que la transparence rend ces papillons moins détectables, mais que ceux-ci ne sont pas moins toxiques pour autant. En direct des labos

© Marianne Elias

Les traits séparés par métamorphose évoluent-ils indépendamment? Concepts et méthodes

Le 10 avril 2019 : The Royal Society

Chez de nombreux animaux, la métamorphose sépare des larves et des adultes très différents, qui vivent souvent dans des environnements distincts. Néanmoins, les caractéristiques exprimées à différents stades de vie sont codées par le même génome, ce qui peut créer des contraintes évolutives dont la magnitude reste inconnue. Ici, nous proposons des concepts généraux et des méthodes pour étudier l’ampleur des corrélations génétiques à travers les stades de vie et la manière dont elles peuvent contraindre l’évolution. Les méthodes et outils décrits ici contribueront à la création d'un cadre prédictif pour l'évolution des traits au cours des stades de vie. 

A lire : https://doi.org/10.1098/rspb.2019.0445

Julie Collet and Simon Fellous

Réserve de Scandola en Corse : le tourisme menace une espèce d’oiseau protégée

18 décembre 2018 - Alerte presse

Balbuzard adulte survolant la réserve naturelle nationale (RNN) de Scandola, Mars 2013. © Olivier Duriez

La population de balbuzard pêcheur, un rapace protégé et menacé en mer Méditerranée, s’effondre dans la réserve naturelle nationale de Scandola en Corse, alors qu’elle y était passée de deux couples en 1974 à huit depuis les années 1990. Selon une collaboration franco-italienne, impliquant notamment des chercheurs du CEFE, les activités touristiques dérangent sans cesse les oiseaux en fin de période de reproduction, ce qui provoque une chute du succès reproducteur. Cette étude, publiée le 17 décembre, fait la couverture de la revue Animal Conservation. Elle souligne l’importance de modifier la manière dont est géré le tourisme dans cette aire marine protégée. En direct des labos

La fragmentation des habitats est-elle nécessairement mauvaise pour la biodiversité ?

le 22 janvier 2019

j.l Martin

Un consortium d’écologues (Canada, Mexique, Brésil, U.K., USA, France, Australie) montre dans Biological Conservation pourquoi la fragmentation des habitats n’est pas nécessairement mauvaise pour la biodiversité. En effet, les impacts négatifs attendus sur la base de ce qui est observé à l’échelle des fragments ne se retrouvent pas à l’échelle du paysage. A cette échelle, l’accroissement de la diversité des habitats, la dilution des risques, les effets de complémentation entre types d’habitats, sont susceptibles de contrecarrer les effets négatifs observés à l’échelle des fragments individuels. En direct des labos

La pêche industrielle affame les oiseaux marins à l’échelle mondiale

6 décembre 2018 - Alerte presse

 
© David Grémillet.

L’intensification de la pêche industrielle contribue à diminuer la quantité de nourriture disponible pour les oiseaux marins, menaçant de nombreuses espèces dans le monde. Des chercheurs du CEFE, de l’Université de Colombie Britannique (Canada) et de l’Université d’Aberdeen (Ecosse) ont cartographié pour la première fois, la compétition entre la pêche industrielle et les oiseaux marins à travers le monde entre 1970 et 2010. Selon leur étude, la consommation moyenne annuelle de nourriture des oiseaux a diminué de 70 à 57 millions de tonnes entre les périodes 1970-1989 et 1990-2010, tandis que la capture annuelle moyenne des proies des oiseaux par les pêcheries a augmenté de 59 à 65 millions de tonnes au cours des mêmes périodes. Malgré le net déclin de la communauté mondiale des oiseaux marins pendant la période 1970-2010, la pression de compétition exercée par les pêcheries demeure soutenue. Cette compétition a même augmenté dans près de la moitié des océans du monde. L’étude est publiée dans la revue Current Biology. "En direct des labos"