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Ce mardi 8 décembre à 9h, Pierre GANAULT  soutiendra sa thèse  intitulée "Interaction plantes - macroinvertébrés du sol dans les forêts européennes : structuration des communautés et interactions avec la microfaune en contexte de changement climatique"

Dirigée par : Thibaud DECAËNS et Johanne NAHMANI

Devant le jury constitué de :

Michaël AUBERT, Université de Rouen, Rapporteur
Claire LE BAYON, Université de Neuchâtel, Rapportrice
Alain BRAUMAN, IRD UMR Eco&Sol, Examinateur
Simone CESARZ, Université de Leipzig, Examinatrice
Mickaël HEDDE, INRAE UMR Eco&Sol, Examinateur

lien zoom : https://umontpellier-fr.zoom.us/j/81240544073?pwd=NllaN1BGcEQ2Z3IyTWhnL0ZCckZvUT09

Résumé: Les communautés du sol sont extrêmement diverses et comprendre leur distribution et leur structure est un défi scientifique car elles sont influencées par de nombreux facteurs abiotiques et biotiques. Étudier les organismes du sol est cependant primordial car ils interviennent dans de nombreux processus du sol, tels que la décomposition des matières organiques et le recyclage des éléments nutritifs. Cependant, nos connaissances des processus fins impliqués dans la structuration de leurs communautés et dans la façon dont ils influencent le fonctionnement du sol  restent souvent limitées. Pour combler ces lacunes, ma thèse de doctorat se concentre dans un premier temps sur les facteurs abiotiques et biotiques qui façonnent les communautés de macroinvertébrés des sols forestiers tempérés, avant d'étudier leur rôle dans la décomposition de la litière et la manière dont ils influencent les autres organismes du sol dans le contexte des changements climatiques. Le premier volet de la thèse est une approche in situ, où les communautés de macrofaune ont été étudiées dans des forêts de composition et de diversité spécifique en arbres variables le long d’un gradient latitudinal européen (incluant des sites en Italie, Roumanie, Pologne et Finlande). Le premier chapitre étudie l'importance relative de la diversité des arbres, de leur type fonctionnel et de l’environnement physique dans la structuration des assemblages de macrofaune prédatrice et sapro-géophage. Dans un second chapitre, je me suis plus particulièrement intéressé aux communautés de coléoptères carabiques en appliquant une approche basée sur les traits fonctionnels à l’aide de mesure individuelles et de données tirées de la littérature. L’objectif étant de décrire comment l’environnement forestier et les ressources alimentaires influencent la structure fonctionnelle des communautés de ces insectes prédateurs. Le deuxième volet de la thèse développe des approches expérimentales et se concentre sur l’importance fonctionnelle de la macrofaune sapro-géophage, et notamment les interactions qu’elle entretient avec les plantes d’une part et d’autres organismes du sol tels que les nématodes d’autre part. Les préférences alimentaires de six espèces de macro-arthropodes sapro-géophages communément rencontrées dans les forêts européennes  sont décrites dans un premier temps et discutées au regard des caractéristiques physiques, chimiques, et morphologiques des litières. Les conséquences de ces préférences alimentaires sur les propriétés des boulettes fécales produites par ces invertébrés d’une part, et leurs implications pour la décomposition des litières d’autre part sont discutées. Enfin, dans une expérience contrôlée en mésocosme, nous avons étudié la réaction des communautés de nématodes à une sécheresse simulée et la manière dont la diversité fonctionnelle de la macrofaune saprophage peut limiter les effets délétères de la sécheresse. L'importance de la biodiversité du sol, à différents niveaux trophiques et dans ses dimensions taxonomiques et fonctionnelles, est discutée du point de vue du fonctionnement du sol et des écosystèmes forestiers tempérés. Les résultats sont ensuite discutés afin d’identifier des pratiques de gestion sylvicoles permettant de préserver la biodiversité des sols et les fonctions qu’elle assure à l’échelle de l’écosystème, en dépit des changements globaux.