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Ce vendredi 4 décembre à 9h30, Thomas DE SOLAN  soutiendra sa thèse  intitulée "Évolution de la coloration: une étude de la palette des vertébrés" en visioconférence.

lien vers la diffusion publique :https://umontpellier-fr.zoom.us/j/89863222798?pwd=N1hTa2h3NHowbkdKVTlxU1VYM2dNZz09

Résumé: La coloration joue souvent un rôle essentiel dans la survie et la reproduction des individus. En raison de ce rôle, son évolution est déterminée par des pressions sélectives multiples et souvent opposées, ce qui en fait un trait intéressant pour comprendre le détail des processus qui façonnent l'évolution des phénotypes. Au cours de mon doctorat, mon objectif était d’identifier les différentes forces sélectives qui agissent sur l'évolution de la coloration et de comprendre comment l'évolution de la coloration pouvait influencer les processus de diversification des espèces. Ces questions ont déjà été étudiées de nombreuses fois précédemment, mais cela a généralement été fait à l’échelle de l’espèce. L'originalité de mon travail réside dans l'utilisation d’analyses comparatives à grande échelle, appliquée à trois clades de vertébrés: Aves, Amphibia et Squamata. J'ai d'abord étudié les pressions de sélection déterminant les variations de colorations à l'échelle intraspécifique. En utilisant les données de coloration de deux espèces de tritons, j'ai montré que la sélection pour la reconnaissance interspécifique influençait l'évolution des colorations visibles de près, tandis que la sélection pour le camouflage déterminait les colorations visibles à distance. J'ai ensuite étudié les forces sélectives qui façonnent la coloration à l'échelle interspécifique. Je me suis intéressé à l'évolution du mimétisme de coloration dans les communautés. Sur ce sujet, j’ai utilisé les réseaux de neurones artificiels pour mesurer la ressemblance entre espèces, ce qui m’a permis de détecter les espèces potentiellement mimétiques. J’ai ensuite regardé comment la sélection sexuelle affectait les variations de coloration à l'échelle interspécifique. Cette analyse a mis en évidence que, en fonction du taxon étudié, les traits sexuels n'ont pas toujours un taux d'évolution plus élevé ni une disparité plus grande que les traits non sexuels. Enfin, j'ai étudié l'interaction entre l'évolution de la coloration et la diversification des espèces. J'ai montré que, chez les Lacertidae, ni l'évolution des colorations sexuelles ni le polymorphisme de coloration n’avaient d’effets sur les taux de spéciation. De manière plus large, mon travail de thèse m’a permis d’interroger des sujets comme le rôle diversifiant de la sélection sexuelle ou la généralité des modèles biologiques.

Composition du jury :

Marianne ELIAS, DR CNRS, Institut de Systématique, Évolution, Biodiversité - Rapportrice
Sébastien LAVERGNE, CR CNRS, Laboratoire d’Écologie Alpine - Rapporteur
Carole SMADJA, CR CNRS, Institut des Sciences de l’Evolution de Montpellier - Examinatrice
Xavier BONNET, DR CNRS, Centre d’Etudes Biologiques de Chizé - Examinateur
Pierre-André CROCHET, DR CNRS, Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive- Directeur
Patrice DAVID, DR CNRS, Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive - Co-directeur