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Ce jeudi 12 novembre à 14h, Iris LE RONCE  soutiendra sa thèse  intitulée "Déterminisme environnemental de la fécondité du chêne vert" en visioconférence (lien à venir).

Résumé: Le changement climatique exerce une pression croissante sur les forêts du monde entier, et ses impacts potentiels sur la fécondité des arbres sont encore mal compris. De nombreuses espèces d’arbres forestiers se reproduisent suivant des patrons de fructification intermittente et synchronisée entre les individus, dits de masting, dont les déterminants complexes doivent être identifiés pour comprendre l’effet du climat sur la fécondité des arbres forestiers. Cette thèse a comme objectif général d’approfondir notre connaissance des déterminants environnementaux de la fécondité des arbres forestiers et de leurs interactions, en se focalisant sur le chêne vert, une espèce très répandue en milieu méditerranéen. Elle a aussi pour objectif de déterminer comment la fécondité du chêne vert pourrait être affectée par le changement climatique, et de développer un modèle basé sur les processus capable de prédire cet impact. Ce travail de thèse a donc combiné des analyses de suivis à long terme dans une forêt de chêne vert soumise à une manipulation des précipitations, des expérimentations de manipulation des relations sources-puits pour l’allocation des ressources à la reproduction à l’échelle individuelle, et de la modélisation. J’ai montré que la reproduction était fortement régulée par les conditions météorologiques durant le cycle reproducteur, et en particulier par la disponibilité en eau en été-automne, et dans une moindre mesure par la disponibilité en carbone et nutriments ainsi que par la compétition entre fruits et nouveaux bourgeons. Mes résultats expérimentaux montrent que l’allocation de ressources à la reproduction peut être modifiée en cas de limitation des ressources par une défoliation ; et que les fruits en développement ont un impact négatif sur les dynamiques des réserves en azote et en zinc dans les branches ainsi que sur la production des fleurs femelles l’année suivante. Les observations en forêt indiquent qu’une réduction continue des précipitations sur plusieurs années induit une diminution du nombre de fruits produits, indépendamment des effets de la variabilité interannuelle et sans que les arbres semblent être capables de s’y acclimater. Enfin, j’ai développé, au sein du modèle de fonctionnement de l’arbre PHENOFIT, un modèle de fécondité se basant sur les hypothèses et résultats issus de mes travaux et de la littérature.

Composition du jury :
Mme Isabelle CHUINE - CNRS - Directrice de thèse
Mme Annabel PORTé - INRAE - Rapporteure
M. Georges KUNSTLER - INRAE - Rapporteur
Mme Evelyne COSTES - INRAE - Examinatrice
M. Jean-Marc LIMOUSIN - CNRS - Invité
M. Samuel VENNER - Université de Lyon - Invité