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Ce lundi 9 novembre à 13h, Victor CAZALIS  soutiendra sa thèse  intitulée "Efficacité des aires protégées : la pierre angulaire de la conservation de la biodiversité permet-elle réellement de protéger la nature ?" en visioconférence : https://umontpellier-fr.zoom.us/j/87625733171

Résumé: Les espoirs de stopper la crise actuelle de biodiversité reposent principalement sur les aires protégées, qui visent à écarter ou restreindre les activités humaines de ces sites. Malgré le rôle central que jouent les aires protégées dans les stratégies de conservation de la biodiversité, les études mesurant leur efficacité réelle à limiter la perte de biodiversité restent rares. Mesurer cette différence n’est pas si évident qu’il y paraît puisque cela nécessite de comparer la biodiversité de sites protégés et de sites témoins non-protégés (qui ne diffèrent que par leur statut de protection) et requiert donc l’utilisation de gros jeux de données, qui sont rares. Dans cette thèse, j’utilise plusieurs jeux de données publics, principalement issus de programmes de sciences participatives, pour mesurer l’efficacité des aires protégées. Dans le premier chapitre, j’utilise des données d’abondance d’oiseaux issues de la « North American Breeding Bird Survey » et je montre que les aires protégées n’ont pas d’effet sur la richesse spécifique ou l’abondance totale mais qu’elles favorisent les espèces spécialistes. Dans le second chapitre, je me concentre sur les forêts tropicales de huit points chauds de biodiversité et j’utilise les données eBird pour montrer que les aires protégées ralentissent les déclins d’espèces d’oiseaux dépendantes des forêts, endémiques et menacées. De plus, je montre que cet effet sur les oiseaux est induit par le double effet qu’ont les aires protégées sur la réduction de la déforestation et de la dégradation de la forêt. Dans le troisième chapitre, je modélise la sensibilité à la pression humaine de chaque espèce d’oiseaux se reproduisant en Amérique et j’explore la capacité du réseau d’aires protégées à conserver les espèces les plus sensibles. Je montre que les zones où les espèces sont très sensibles (principalement dans les tropiques) sont souvent trop peu couvertes par des aires protégées intactes, laissant de nombreuses espèces sensibles sans aucun habitat protégé intact sur l’ensemble de leur aire de répartition. Enfin, dans le quatrième chapitre, j’interroge l’effet que peuvent avoir les aires protégées sur les comportements humains, en montrant que les habitants de municipalités françaises qui sont proches de parcs naturels adoptent plus de comportements pro-environnementaux. Dans leur ensemble, ces travaux de thèse soutiennent que les aires protégées peuvent constituer un outil efficace pour conserver la biodiversité et soulignent l’importance et la complexité de mesurer leur efficacité.

 

Composition du jury :

Sandrine PAVOINE, Maîtresse de Conférences, Muséum National d’Histoire Naturelle (CESCO) – Paris. Rapportrice.

Wilfried THUILLER, Directeur de Recherche CNRS, Université Grenoble Alpes (LECA) – Grenoble. Rapporteur.

Christine MEYNARD, Chargée de Recherche INRAE, Université de Montpellier (CBGP) – Montferrier- sur-Lez. Examinatrice.

Laurent GODET, Directeur de Recherche CNRS, Université de Nantes (LETG) – Nantes. Examinateur.

Ana S.L. RODRIGUES, Directrice de Recherche CNRS, Université de Montpellier (CEFE) – Montpellier. Directrice de thèse.