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Avis de Soutenance
Laura RODRIGUEZ

Soutiendra publiquement ses travaux de thèse intitulés
Savoir agir avec la nature : entre écologie scientifique, valeurs collectives et conceptions du monde

et codirigée par Vincent Devictor (CNRS, ISEM) et Virginie Maris (CNRS, CEFE)


Soutenance prévue le jeudi 15 novembre à 9h45
Lieu : salle 23.01 (bâtiment 23) du campus Triolet de l'Université de Montpellier

Dans le contexte actuel de crise écologique, les actions sur la nature sont le plus souvent pensées comme s’appuyant sur des savoirs scientifiques objectifs et neutres qu’il suffirait de mobiliser. Dans cette thèse, je propose d’explorer l’articulation entre savoirs et actions, en examinant les intrications entre savoirs écologiques, valeurs collectives et conceptions de la nature. J’étudie en particulier les discours relatifs à trois types d’action (conservation en réserve naturelle, évaluation d’impact environnemental et restauration écologique) en m’appuyant sur un terrain d’étude où elles s’incarnent, la plaine de Crau (Bouches-du-Rhône, France). Tout d’abord, j’examine en quoi les différents types de savoirs écologiques mobilisés lors des actions sur la nature sont liés, en plus des contraintes internes aux formes d’action environnementale et de l’applicabilité des connaissances sur le terrain, aux savoirs de référence et engagements des acteurs, ainsi qu’aux trajectoires historiques de ces savoirs et de ces actions. Ensuite, j’explicite la manière dont les valeurs de scientificité véhiculées par la mobilisation de ces savoirs dans le but d’augmenter la crédibilité de l’action entrent en tension avec d’autres valeurs présentes dans les actions environnementales, notamment l’exigence de légitimité. Enfin, j’explore la façon dont ces savoirs se fondent sur certains partis-pris ontologiques concernant nos relations avec les milieux naturels, et qui conditionnent nos manières d’agir. À partir de ces éclairages, je suggère quelques pistes pour savoir agir avec la nature face aux enjeux écologiques actuels.

Mots-clés : écologie ; épistémologie ; nature ; évaluation d'impact environnemental ; conservation ; restauration.

Abstract
In the current regime of ecological crisis, one generally expects actions and decisions about environmental issues to be enlighten by scientific knowledge. The aim of this thesis is to challenge this view by investigating how ecological knowledge and actions on nature are linked. I propose to study the interweaving between ecological knowledge, collective values and conceptions of nature in documents related to three types of actions (conservation in a nature reserve, environmental impact assessment, and ecological restoration). I lean on a field study where these actions are embodied, the plain of Crau (Bouches-du-Rhône, France). First, I examine how different types of ecological knowledge are translated in (and are influenced in return by) specific actions. I show that, in addition to the practical constraints of any action, this mutual relation is shaped by scientific cultural dynamics, as well as historical trajectories of these knowledges and actions. Then, I explain how the need to guarantee both credibility and legitimacy create an inherent tension in environmental actions. Finally, I explore how knowledge is based on preconceptions about our relationships with nature, and lead to specific ways of acting. From these insights, I suggest some trails to know and act differently with nature in the context of current ecological issues.

Keywords : ecology ; epistemology ; nature ; environmental impact assessment ; conservation ; restoration.

Membres du jury :

Céline Granjou, directrice de recherche, IRSTEA - Rapportrice
Stéphanie Ruphy, professeure des universités, Université Lyon 3 Jean Moulin - Rapportrice
Yves Meinard, chargé de recherche, CNRS - Examinateur
Thierry Tatoni, professeur des universités, Aix-Marseille Université - Examinateur
Olivier Gimenez, directeur de recherche, CNRS - Représentant de l'école doctorale