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Avis de Soutenance

Jules SEGRESTIN

Écologie fonctionnelle

Soutiendra publiquement ses travaux de thèse intitulés

Intégration de la phénologie et de la défense mécanique dans l’espace phénotypique des plantes

dirigés par Monsieur Eric GARNIER et Madame Marie-Laure NAVAS

Soutenance prévue le lundi 25 juin 2018 à 14h00

Lieu :   1919, route de Mende 34293 Montpellier cedex 05
Amphithéâtre de la délégation régionale

 

Membres du jury  


M. Eric GARNIER                           Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (UMR 5175)         Directeur de these
Mme Marie-Laure NAVAS                Montpellier SupAgro                                                             CoDirecteur de these
Mme Sara PUIJALON                      UMR 5023 - LEHNA, Université Lyon 1                                  Rapporteur
M. Bill SHIPLEY                             Université de Sherbrooke                                                      Rapporteur
M. Francisco LLORET                     CREAF                                                                               Examinateur
M. John THOMPSON                       Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (UMR 5175)        Examinateur

 

Mots-clés :     Écologie comparative, Traits fonctionnels, Espace phénotypique, Phénologie, Biomécanique, Climat méditerranéen

 

Résumé :  
La phénologie et la défense affectent directement la croissance, la survie et la reproduction des plantes. Cependant, ces deux aspects sont rarement intégrés dans une description synthétique de leurs stratégies écologiques. Une grande attention a été portée aux dimensions de gestion des ressources, de reproduction ou encore de stature des végétaux, mais nous avons encore peu d'idées sur la façon dont s'articulent la phénologie et la défense par rapport à ces dimensions. Ainsi, les traits couramment mesurés (traits foliaires, hauteur, masse de graine, etc…) et des marqueurs fonctionnels de la phénologie et de la défense ont été utilisés pour caractériser l’espace phénotypique occupé par différentes espèces de la région méditerranéenne du sud de la France. Les travaux effectués combinent deux types d’approches : (a) une démarche de synthèse scientifique qui assemble et analyse des données issues de plusieurs expérimentations réalisées dans différents sites méditerranéens. Le jeu de données constitué est l’un des premiers à décrire la séquence temporelle des évènements reproductifs pour plus de 130 espèces représentant différentes formes de croissance et modes de pollinisation et de dispersion. Il nous a permis de montrer un fort effet de la saisonnalité du climat, en particulier de la disponibilité en eau, sur les patrons phénologiques, avec des variations selon les formes de croissance. Des corrélations entre les traits de la phénologie de la reproduction suggèrent l’existence d’un continuum lent-rapide décrivant les rythmes de développement chez les espèces considérées. Ces traits de phénologie reproductive ont été mis en relation avec plusieurs traits largement utilisés pour caractériser le phénotype en écologie comparative : la date de floraison dépend de la hauteur de la plante, la période de maturation d’une graine conditionne sa masse, et l’intensité de la sécheresse pendant la production de graines est corrélée à certains traits foliaires. (b) une démarche expérimentale fondée sur des mesures plus détaillées du phénotype d’un ensemble d’espèces plus restreint. Les données collectées ont permis de décrire en détail la dynamique de production de feuilles, fleurs et fruits au cours du temps chez 23 espèces et montrent leur degré coordination. Il révèle notamment des corrélations rarement testées entre la phénologie végétative et reproductive. Sur ces 23 espèces, la fonction de défense a été évaluée par la mesure de plusieurs caractéristiques biomécaniques, de traits morpho-anatomiques et de composition en fibre des feuilles. L’épaisseur des feuilles, leur système de nervation et leur teneur en fibres ont une influence significative sur les propriétés mécaniques des feuilles, mais l’importance relative de ces traits varie selon le test biomécanique réalisé. Enfin, nous avons montré que les traits biomécaniques permettaient de faire le lien entre les concepts du compromis croissance-défense et du syndrome d’économie foliaire. Nos travaux mettent en avant la pertinence d’utiliser des traits associés à la phénologie et à la défense comme axes de spécialisation des plantes dans les études comparatives, nous permettant de réévaluer leur importance dans la description des stratégies écologiques.

https://www.youtube.com/watch?v=RIL2u27gJSk