Archives Thèses, HDR

Avis de Soutenance

Nina Joffard

Soutiendra publiquement ses travaux de thèse intitulés

Diversification des orchidées méditerranéennes : niches de pollinisation, évolution des traits floraux et taxonomie intégrative

Soutenance prévue le lundi 18 décembre à 14h
Lieu : Amphithéâtre de la délégation régionale du CNRS

Résumé :

Les interactions avec les pollinisateurs font partie de la niche écologique des orchidées et ont probablement joué un rôle dans leur diversification taxonomique et florale. Au cours de cette thèse, je me suis intéressée à l’évolution des interactions orchidées-pollinisateurs et des traits floraux chez les orchidées euro-méditerranéennes. Dans un premier chapitre, j’ai étudié l’architecture du réseau orchidées-pollinisateurs et démontré que la similarité de niches de pollinisation entre espèces d’orchidées était fonction de leur distribution spatio-temporelle, suggérant un certain opportunisme dans les interactions orchidées-pollinisateurs. Dans un deuxième chapitre, je me suis intéressée au rôle des pollinisateurs dans l'évolution des traits floraux dans deux groupes d’orchidées aux stratégies de pollinisation contrastées. Dans le groupe Anacamptis coriophora, j’ai démontré une différentiation en termes de traits floraux et de niches de pollinisation entre A. coriophora, A. fragrans et A. coriophora var. martrinii, ainsi qu’une sélection divergente sur les composés dominants dans l’odeur florale chez A. coriophora et chez A. fragrans. Dans la section Pseudophrys, j’ai démontré que l'évolution de l'odeur florale était conditionnée non seulement par les pollinisateurs, mais aussi par la phylogénie. Ces résultats suggèrent que dans ces deux groupes aux stratégies de pollinisation mutualiste et généraliste versus antagoniste et spécialiste, les pollinisateurs ont joué un rôle majeur dans l’évolution des traits floraux en tant qu’agents de sélection, bien que d’autres facteurs (e.g. contraintes phylogénétiques) soient également intervenus dans cette évolution. Enfin, dans un troisième chapitre, j’ai mis au point une démarche de taxonomie intégrative basée sur des données moléculaires, morphométriques et chimiques dans deux groupes d’orchidées du genre Ophrys. A l’aide de cette démarche, j’ai confirmé le rang taxonomique des trois espèces du groupe O. insectifera et proposé de fusionner deux paires d’espèces (O. bilunulata/O. marmorata et O. funerea/O. zonata) parmi les douze taxa de Pseudophrys décrits en France métropolitaine. Une meilleure compréhension des facteurs qui façonnent la niche de pollinisation et du rôle de cette niche dans la diversification taxonomique et florale des orchidées euro-méditerranéennes devrait nous permettre d’améliorer la conservation de ces espèces à enjeux.

Mots-clés : réseaux plantes-pollinisateurs, adaptation, spéciation, phylogénie moléculaire, morphométrie, écologie chimique

Membres du jury :

Mme Isabelle Dajoz   professeure des universités à l'Université Paris 7   rapportrice
M. Marc Gibernau  chargé de recherche CNRS  rapporteur
Mme Agnès Mignot  professeure des universités à l'Université de Montpellier 2  examinatrice
M. Florent Martos  maître de conférence au Muséum National d'Histoire Naturelle  examinateur
Mme Claudine Montgelard  maître de conférence à l'EPHE  directrice de thèse
M. Bertrand Schatz  directeur de recherche CNRS  co-directeur de thèse