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Motion adoptée à l’unanimité par le conseil de laboratoire du CEFE du 27/02/2020

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 Motion adoptée à l’unanimité par le conseil de laboratoire du CEFE du 27/02/2020.

Le conseil de laboratoire du CEFE réunit le 27/02/2020 constate que la précarisation croissante des carrières de la recherche est devenue une préoccupation majeure et qu’elle constitue une menace sérieuse pour le devenir de la recherche publique. Cela a été signifié à de nombreuses reprises par notre laboratoire, son Conseil de Laboratoire, sa direction, notamment dans le cadre des remontées en vue de la future Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR).

Or l’avant-projet de LPPR prévoit justement d’aggraver cette situation en généralisant la contractualisation temporaire par la création de nouveaux types de contrats précaires au détriment du recrutement sur postes statutaires de chercheurs, d’ingénieurs et de techniciens.

Il propose l’introduction de « CDIs de mission scientifique », limités à une durée maximale de 6 ans et dont la rupture au-delà de la 1ère année serait possible sur décision de l’employeur si le projet « ne peut [finalement] pas se réaliser ». Il prévoit également des « chaires de professeur ou chercheur junior », des dispositifs dits tenure track d’une durée de 5 ou 6 ans pour des « jeunes » chercheurs ayant déjà multiplié des contrats postdoctoraux. Autant de dispositifs qui repoussent toujours plus les perspectives de titularisation déjà tardives, rares et hyper- sélectives.

Selon ce même avant- projet de LPPR, l’État employeur se désinvestissant d’une bonne partie de ses cotisations retraites (réforme de retraite à points), prévoit de réaffecter une partie de ces sommes en primes attribuées individuellement et en augmentation du budget de l’ANR pour un financement par appels à projets toujours plus important.

A l’inverse, la demande d’augmentation conséquente des crédits récurrents garantissant une liberté de recherche, des prises de risques sur le long terme et sans pression de nécessaires retombées économiques, n’a pas été prise en compte.

Nous considérons que la poursuite dans la voie d’un accroissement de la compétition, alors que celle-ci atteint déjà des niveaux délétères tant sur les plans individuels que collectifs, est contre-productive et fait courir de graves risques pour l’avenir de la recherche publique car elle favorise au contraire la fuite des talents.

Le conseil de laboratoire de CEFE soutient l’appel national pour un arrêt de l’université et de la recherche à partir du 5 mars et invite les collègues qui le souhaitent à se mobiliser selon les modalités qui leur conviennent (grève, démission administrative, refus des évaluations, suspension des travaux scientifiques et des réunions, participation aux assemblées générales, etc.).