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Nouvelle publication en Nature

NATURE

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© Mathieu Coulis “Des diplopodes, isopodes et escargots comme détritivores terrestres en milieu Méditerranéen.”

Caption: " Mediterranean millipedes, isopods and snails as terrestrial litter feeding animals. ”

La perte de biodiversité dans nos forêts influencera-t-elle les services écosystémiques tels que la décomposition de la matière organique et le recyclage des nutriments de notre planète ? Dans un article récent dans la revue Nature (Handa et al. 2014 Nature, 509 : 218-221) des chercheurs du CEFE et ses collaborateurs internationaux publient d’importantes découvertes dans la première étude globale sur la décomposition de la litière forestière, traitant de la question fondamentale sur la façon dont les changements de biodiversité des systèmes décomposeurs affecteront le recyclage du carbone et de l'azote dans des écosystèmes fortement contrastés.

La décomposition de la matière organique morte est un processus-clé dans le recyclage du carbone et des nutriments sur tous les continents. Ce processus résulte de l’activité d’une grande diversité d'organismes, structurée dans des réseaux trophiques complexes et incluant des bactéries et champignons jusqu'à une macrofaune de plus grande taille comme les mille-pattes, les termites ou les amphipodes. Cette diversité et les nombreuses interactions qui en résultent posent un défi majeur à la compréhension mécanistique du rôle de la diversité dans le processus de décomposition.

Dans cette étude à large échelle suivant un protocole identique sur des sites aquatiques et terrestres dans cinq biomes des régions subarctique à tropicale, l'équipe de 18 scientifiques a utilisé une approche expérimentale pour comprendre le rôle de la diversité dans la décomposition foliaire et en tirer des enseignements généralisables. Ces travaux montrent que la perte de diversité des décomposeurs et de diversité fonctionnelle de la litière conduit à un ralentissement du recyclage du carbone et de l’azote dans les écosystèmes aquatiques et terrestres. Dans le contexte préoccupant de la perte de biodiversité sur la planète, leur étude démontre clairement que les organismes de grande taille, qui font face à un plus grand risque d'extinction, sont essentiels au processus de décomposition.

L’étude souligne aussi l'importance des interactions entre types fonctionnels particuliers de plantes dans les mélanges de litière et leur contrôle sur ces fonctions écosystémiques . L’une des observations les plus marquantes est un effet de la diversité important lorsqu’une litière de plante fixant l'azote est associée à une litière de plante à décomposition rapide, suggérant un transfert d'azote entre ces deux types de litière. Pour la première fois dans une étude de terrain, un mécanisme général est mis en évidence pour expliquer les effets positifs de la diversité sur la décomposition. Ces travaux confirment l’idée selon laquelle certains traits fonctionnels des organismes dans les communautés biologiques sont plus déterminants que le nombre d’espèce en tant que tel pour expliquer les fonctions écosystémiques. La prédiction des patrons de l’impact d’une perte de la biodiversité sur un processus écosystémique clé entre des écosystèmes fortement contrastés apparaît désormais à notre portée.