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Département Interaction, Ecologie et Sociétés

Interaction Biotiques

Interactions durables : Processus coévolutifs et anthropisation

Le qualificatif de durable a été utilisé pour caractériser aussi bien une relation souhaitée, probablement utopique, entre l’Homme et l’environnement, que les relations, souvent idéalisées, entre organismes fortement associés. Dans les deux cas ce qualificatif nous renvoie à deux questions structurantes, d’une part « Qu’est-ce qui fait que les relations interspécifiques ont pu perdurer dans le temps ? » et d’autre part « Quel est le devenir de ces interactions ? ».

Les organismes n’existent pas par eux-mêmes mais comme membres d’un cortège : chaque espèce possède un ensemble de parasites, de mutualistes, de prédateurs et de commensaux. Ce cortège fait partie du "phénotype étendu" de l’espèce, c’est-à-dire, qu’il modifie son succès écologique et sa valeur sélective, de façon positive ou négative. Aujourd’hui, l’Homme fait toujours partie de ce cortège. La nature et les effets de ces interactions peuvent d’ailleurs varier en fonction du milieu et dans le temps : par exemple l’Homme peut passer du statut de prédateur d’un animal à celui de mutualiste à la suite de la domestication de ce dernier, ou bien même conserver les deux statuts si l’espèce subsiste à l’état sauvage. De même, sur un temps long, au cours de l’évolution, une interaction peut se modifier et même changer de nature avec l’émergence de tricheurs ou d’une coopération, l’évolution de la virulence, voire même la dissolution du lien interspécifique. Pour comprendre les interactions il faut donc les interpréter à la fois dans leur cadre écologique, à un instant donné, et comme le résultat d’une évolution passée entre les espèces impliquées (co-évolution). De toute évidence, depuis l’apparition de l’Homme, celui-ci a tellement affecté les milieux que l’histoire récente des espèces et des interactions interspécifiques présente généralement une composante d’anthropisation qui s’ajoute à une composante dynamique liée aux changements dans un passé plus profond, comme par exemple, les changements climatiques du Pléistocène. Cette composante dynamique—qu’elle soit d’origine naturelle ou anthropique—induit souvent des situations de déséquilibre génétique. Dans ces cas la génétique des populations classique ne s’applique plus car il faut aussi prendre en compte des aspects de dynamique des populations.

L’étude des interactions dans un monde anthropisé requiert une approche interdisciplinaire qui considère l’homme comme une composante de l’écosystème et non pas comme un agent extérieur perturbateur. Ceci implique l’étude de la diversité des sociétés dans leur composante culturelle pour cerner la diversité des interactions entre Hommes et Nature. Notre approche intègre l’histoire évolutive profonde, qui a façonné ces interactions longtemps avant l’arrivée de l’Homme, et les réponses écologiques et micro-évolutives de ces interactions, à court et à long terme, aux influences anthropiques contemporaines. La diversité de ces réponses reflète non seulement la diversité des organismes, mais aussi la diversité culturelle des sociétés humaines, qui devient elle aussi objet d’étude. Comment les interactions durables vont-elles répondre aux changements écologiques actuels ? Va-t-on assister à une rupture de ces interactions qui condamnera à l’extinction de nombreuses espèces qui en dépendent ? Ou bien ces interactions vont-elles persister, sous une forme plus ou moins modifiée ? L’étude d’interactions durables préexistant à l’Homme permet, grâce à la visualisation d’effets à très long terme, de mettre en place et de valider des concepts théoriques globaux sur les processus coévolutifs. Ces concepts, transposés à des échelles de temps courtes, peuvent suggérer de nouvelles approches pour comprendre—et gérer—les réponses à court terme des organismes aux changements de leur environnement. L’étude des interactions durables peut donc fournir les bases scientifiques de nouvelles stratégies de développement durable. De même les processus d’évolution et de coévolution rapides en réponse aux fortes modifications de pressions de sélection imposées par les activités humaines (et plus particulièrement ceux résultant des processus de domestication) constituent autant de systèmes modèles pour étudier la dynamique des processus coévolutifs, dynamique qui échappe largement aux études sur le long terme.

L’équipe « Interactions durables : processus coévolutifs et anthropisation » a fait le pari de casser le cloisonnement entre populations sauvages et populations domestiquées, entre agronomes, écologues et évolutionnistes, entre sciences de la vie et sciences humaines. Nous considérons que la réflexion et la recherche autour de ces questions seront d’autant plus fécondes qu’elles réuniront sciences fondamentales et sciences appliquées, sciences biologiques et sciences humaines. Nous travaillons délibérément sur des modèles différant dans leur histoire évolutive et leur degré d’anthropisation, ce qui permet une analyse comparée et valorise ainsi la synergie de nos compétences spécifiques.

Nos recherches s’articulent autour de trois thématiques :

  1. Structure et fonctionnement des interactions biotiques
  2. Histoire et dynamique des processus coévolutifs : phylogénie, phylogéographie et génétique des métapopulations
  3. Anthropisation et dynamique actuelle des interactions durables


Disciplines scientifiques impliquées : Biologie évolutive, Ecologie chimique, Ecologie comportementale, Ethnoécologie, Génétique des populations, Ecologie moléculaire,  Anthropologie.


 

Actualités IBiotiques

Equipe IBiotiques

Permanents

Bertrand SCHATZ
Martine HOSSAERT
Rumsaïs BLATRIX
Jean-Michel BELLANGER
Laurent DORMONT
Finn KJELLBERG
Franck RICHARD

Ingénieurs

Benoit LAPEYRE

Doctorants

Lucie CONCHOU
Ana CHUINE
Ameline LEHEBEL-PERON

Elisa TASCHEN
Hélène VOGT-SCHILB
Adrien TAUDIERE
Lilian RODRIGUEZ
Angélique PORCIANI

Post-doctorant

Alexandre GEOFFROY

Anciens de l’équipe en poste ailleurs

Marc-André SELOSSE  (Prof au MNHN Paris)
Roxane DELLE-VEDOVE (ATER à l’Université de Lille)
Catherine SOLER (Ater à l'Université de Saint-Etienne)
Magali PROFFIT (chercheur IMBE)

Thèses de l'équipe

 

Anciens de l'équipe

Pierre CHARLES-DOMINIQUE
Jean PECCOUD
Margorie GARCIA
Anthony BAIN
Mathieu SAUVE
Celine BORN
Lucie VINCENOT