L'impasse évolutive de l'autofécondation se précise

          31 janvier 2017

 

© J-P. Pointier/EPHE/USR 3278/CNRS Photothèque

La reproduction par autofécondation est relativement commune chez les plantes et les animaux hermaphrodites. Bien qu’elle présente des avantages à court terme vis-à-vis de la fécondation croisée, on a depuis longtemps suggéré qu’il s’agissait d’un « cul de sac évolutif ». Un article publié fin 2016 dans Current Biology par des chercheurs du Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive vient aujourd’hui renforcer cette hypothèse. Leurs travaux qui s’appuient sur des lignées d’escargots d’eau douce hermaphrodites révèlent que les mollusques qui privilégient l’autofécondation réagissent moins vite à la pression de sélection que ceux qui se reproduisent par fécondation croisée. Cette étude est ainsi la première à mettre en évidence de façon expérimentale l’effet négatif de l’autofécondation sur le potentiel adaptatif des espèces. Pour en savoir plus

Une pêcherie durable atteste de la construction culturelle de niche

30 janvier 2017

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© Carl F. Huchzermeyer.

Certaines pratiques contemporaines comme la pêche ou l’agriculture peuvent aider les archéologues à interpréter des vestiges anciens associés à des activités similaires. C’est ce qu’est parvenue à démontrer une équipe internationale réunissant notamment des chercheurs du CNRS, de l'IRD et du MNHN en étudiant le fonctionnement d’une pêcherie d’Afrique australe. Leurs travaux publiés en décembre dernier dans la revue PNAS ont permis d’établir un parallèle avec les vestiges de barrages à poissons précolombiens découvert en 2000 par un archéologue américain. Cette étude comparée révèle que dans un contexte environnemental et social similaire, deux peuples éloignés à la fois dans l’espace et le temps sont capables de développer une méthode de pêche durable étonnamment similaire. Pour en savoir plus

Quand la radioactivité accélère la décomposition de la litière

Le 23 juin 2016

2016

© IRSN-Jean-Marc Bonzom.
Le 26 avril 1986, l’un des réacteurs de la centrale nucléaire de Tchernobyl explosait et projetait dans l’environnement près de 12 milliards de milliards de becquerels. Afin de connaître les effets à long terme de cette pollution radioactive sur le milieu, des chercheurs de l'IRSN de Cadarache, en collaboration avec le CEFE et l'EcoLab et l'IRL d’Ukraine, se sont intéressés à la décomposition de la litière à proximité de la centrale. Ils ont alors pu mettre en évidence, de façon totalement inattendue, une augmentation du taux de décomposition des litières de feuilles avec la radioactivité. Leurs résultats ont été publiés dans Science of the Total Environment. Lire dans "En direct des labos

La véritable nature de la grande plaine herbeuse d'Amérique du Sud enfin révélée

Le 13 mai 2016

La vaste plaine herbeuse qui s'étend du nord de la Colombie au sud du Venezuela abrite un paysage étonnant constitué d'une succession de monticules de terre. Ces formations d'une grande régularité que les habitants de la région nomment surales étaient jusqu'ici attribuées à l'action de l'érosion. Une étude approfondie de ces écosystèmes menée par une équipe internationale, parmi laquelle figurent des chercheurs du Centre d'Ecologie Fonctionnelle et Evolutive de Montpellier (CEFE, CNRS/Université de Montpellier/Université Paul-Valéry-Montpellier/EPHE), montre pour la première fois qu'il n'en est rien. Leurs travaux publiés le 11 mai dernier dans PLOS ONE révèlent que ces monticules résultent, dans les sites étudiés, de l'intense activité d'une espèce de ver de terre. En savoir plus

Un même gène rend les papillons de jour colorés et les papillons de nuit camouflés

© Mathieu Joron

Dans les forêts tropicales d'Amérique latine, les papillons toxiques du genre Heliconius arborent sur leurs ailes des motifs aux couleurs vives que les prédateurs apprennent à reconnaître et éviter. Pour une meilleure protection, différentes espèces de papillons, vivant sur un même territoire, s’imitent mutuellement, alors qu’une même espèce vivant dans des régions différentes peut arborer des motifs distincts. Comment ces papillons réalisent-ils cette étonnante stratégie évolutive ?

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Prendre du poids pour conserver son rang

Le 26 mai 2016

Elise Huchard© Elise Huchard.

Chez les suricates, pour espérer devenir « chef de clan » mieux vaut faire le poids. Les individus les plus gros ont en effet davantage de chance de remporter les combats et d’accéder au rang de mâle ou de femelle dominante. Plus étonnant : les suricates sont capables d’accélérer leur croissance quand leur plus proche concurrent prend un peu trop d’embonpoint et menace de voler leur place dans la hiérarchie. C’est ce que vient de démontrer une équipe internationale composée notamment de chercheurs du CNRS. Ces résultats, qui mettent en évidence l’influence majeure que peut avoir l’environnement social sur le phénotype des individus et sont peut-être transposables à d’autres groupes de mammifères, ont été publiés dans la revue Nature. Pour en savoir plus